La Stratégie d’Investissement de la Chine en Méditerranée Entre ambitions et réalités locales
Samar KHAMLICHI
La Stratégie d’Investissement de la Chine en Méditerranée
Entre ambitions et réalités locales
Samar KHAMLICHI
professeure des Sciences Politiques
Institut Universitaire des Etudes Africaines
Euro-méditerranéennes et Ibéro-américaines
Université Mohammed V de Rabat
Résumé
La stratégie d’investissement de la Chine en Méditerranée, dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, met en lumière des approches adaptées aux réalités locales de l’Algérie, de l’Égypte et du Maroc. Bien que géographiquement proches, ces pays présentent des divergences politiques, économiques et sectorielles qui influencent leur coopération avec Pékin. L’Égypte et l’Algérie captent davantage les investissements chinois en raison d’enjeux géopolitiques stratégiques. L’Égypte, bénéficiant du plus grand volume de fonds, séduit la Chine par son rôle de plaque tournante entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, ainsi que par ses infrastructures stratégiques comme le canal de Suez. L’Algérie, quant à elle, attire Pékin par son secteur énergétique lucratif, essentiel pour répondre aux besoins croissants de la Chine en hydrocarbures. En revanche, le Maroc, allié traditionnel des États-Unis, reçoit moins d’investissements chinois en comparaison. Cette relation privilégiée avec Washington influence les dynamiques d’investissement, car Pékin pourrait être plus prudent dans ses engagements pour éviter de perturber les équilibres géopolitiques ou de froisser un partenaire stratégique des États-Unis. Par ailleurs, le Maroc diversifie sa coopération avec la Chine dans des secteurs comme les énergies renouvelables et l’agriculture, mais son marché plus limité et ses priorités sectorielles moins alignées sur les intérêts immédiats de Pékin expliquent également cette différence.