Diplomatie civilisationnelle et Soft Power : au cœur des stratégies géopolitiques contemporaines
Dr. Ibtissame Azzaoui
Diplomatie civilisationnelle et Soft Power :
au cœur des stratégies géopolitiques contemporaines
Dr. Ibtissame Azzaoui
Chercheuse en Gouvernance Stratégique et en Diplomatie Publique
Résumé
À l’heure où les conflits armés et les guerres économiques ne constituent plus les seuls moyens d’affirmation d’influence et de déploiement de puissance, la diplomatie civilisationnelle, en tant qu’outil de Soft Power, s’impose comme un levier majeur des stratégies géopolitiques contemporaines. Elle permet de renforcer le leadership des nations à l’échelle internationale si et seulement si elle s’intègre et est pensée dans le cadre d’une vision géostratégique multidimensionnelle cohérente et inclusive.
L’objectif de cet article est d’interroger les usages divers de la diplomatie civilisationnelle et d’analyser ses rôles et sa contribution, qu’elle soit observée ou potentielle, dans la construction des alliances, dans la compétition d’influence et la quête vers de meilleurs positionnements mondiaux, ainsi que dans les stratégies de contournement des rapports de force traditionnels.
Cet article traitera de la question centrale suivante : Dans un contexte international marqué par la reconfiguration des équilibres de puissance, comment la diplomatie civilisationnelle participe-t-elle à la redéfinition des stratégies géopolitiques des États ?
À titre d’exemple, le Maroc déploie une diplomatie civilisationnelle articulée autour de son identité historique, de son islam modéré, mais aussi de sa vision géostratégique inclusive incarnée par l’Initiative Atlantique, qui propose une nouvelle plateforme de coopération Sud-Sud entre les pays africains. De son côté, la Chine mobilise son héritage confucéen et sa continuité historique pour asseoir son rayonnement à travers l’Initiative de la Ceinture et de la Route